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Réflexions sur les mains en équitation

Réflexions sur les mains en équitation
Ah, l'éternel débat des mains. Que faire de ces fichues mains à cheval ?
"Baissez, baissez" vous entendre un peu partout de nos jours, sur les terrains de dressage, dans les cours d'obstacle. "Baissez, résistez, poussez", la formule passe partout qui masque la véritable réalité de cette main qui descend... "Baissez, TIREZ, poussez".
Il est maintenant de notoriété publique qu'un petit groupe de cavaliers, dont notre petite équipe compet' rebelle, ne partage pas cette vision des choses. Je crois qu'une petite explication de notre point de vue ne peut qu'être bénéfique pour tout un chacun (du haut de mes bientôt 7 années de pratique et quelques lectures, il y aura surement un sacré paquet d'imprécisions dans ce qui suit), pour mieux comprendre POURQUOI on monte nos mains :

Problématique de la main basse

En effet, que peut faire la main qui reste basse ? Elle peut... avancer, on dira qu'elle cède. Elle peut... se figer, on dira qu'elle résiste. Et elle peut... reculer. Aucun de ses adeptes ne voudra l'admettre, mais dans ce cas... elle tire.
Et oui ! La main basse est condamnée à... céder, résister, et tirer. Car pour soutenir, il faut... monter. C'est pas vrai ? Bien sur que si, et je ne suis pas le seul à le dire.

"La seconde action qui est de SOUTENIR la main, se fait en rapprochant la main de l'estomac et en la LEVANT les ongles un peu en haut. Cette dernière aide est pour ARRÊTER un cheval ou marquer un DEMI-ARRÊT, ou bien pour le RECULER... " (François Robichon de La Guérinière)

De toutes manières, il suffit d'essayer pour voir qu'une main qui ne monte jamais va être forcée, un jour ou l'autre, de tirer. Il en ressort des chevaux qui pèse sur la main, des cavaliers qui luttent constamment avec leur monture, et tout un tas d'autres vices qu'on peut observer sur les carrières et dans les manèges, aujourd'hui : cheval "sur la geule", cheval qui embarque, etc...
Bref, affirmer que le cheval peut se monter seul, sans que la main lui indique la voie à suivre est un rêve parmis tant d'autres qui bercent les pratiquants de l'équitation "moderne". Pour la bonne et simple raison que si vous tirez, le cheval tire. Et que le cheval tire, en s'appuyant, et reportant du poids vers l'avant, et en descendant l'encolure (aussi infime que soit cette descente). Ce qui entraine, par répercussion directe, un allongement de l'ensemble de l'axe vertébral (aussi infime que soit cet étirement, il existe), et donc une perte de l'engagment des posterieurs. Le cheval n'est pas dans un équilibre arrière, il ne peut pas se porter, ni se propulser correctement. C'est plutôt dommage non ?

Un second défaut développé par cette main constamment basse est... la fermeture excessive de l'angle tête/encolure, ce qui sera nommé par l'équitation "l'encapuchonnement". Il est aujourd'hui (enfin et heureusement pour nos fiers compagnons) que l'encapuchonnement créé douleurs et crispations dans la nuque, bloquant peu à peu tout l'axe vertébral et donc, par prolongement, l'ensemble du corps du cheval.
Il en résulte des chevaux bloqués, étriqués; ou comme dirait un grand maître portuguais accompagné d'un brillant entraineur national d'obstacle français (merci Tanguy pour la vidéo :D), un cheval "triste", qui traine les pieds, qui ne pétille pas, qui ne vit pas, et qui sera bon à remplacer par un autre au bout de trois à quatre années.
J'entends déjà les "non c'est pas vrai, la main basse ne favorise pas l'encapuchonnement". Petit étude anatomique volée à Mr.Karl : la main basse agit sur un seul et unique axe, vers l'avant ou vers l'arrière. Le plus souvent, vers l'arrière. Dans cette action, elle va amener le mors à agir d'avant en arrière dans la bouche du cheval, et à donc de créer une pression conséquente non seulement sur les barres, mais surtout sur la LANGUE. Organe hypersensible. Pour échapper à cette pression, le cheval n'a qu'une solution, plier la nuque, parfois trop, pour "rentrer le menton" : il s'encapuchonne (même si celà est léger, un encapuchonnement reste un encapuchonnement).


Une solution : monter les mains

Le but de la mise en place est d'obtenir la fameuse "Nuque au point le plus haut", avec le non moins fameux "chanfrein à la verticale", avec, bien entendu, les posterieurs qui s'engagent, le dos et le garrot qui remontent.

Tout celà ne peut pas s'obtenir sans une condition nécéssaire : la remontée de la base de l'encolure. Cette remontée est primordiale, elle permet à la nuque se s'élever, permet aux anterieurs de s'exprimer avec amplitude, laisse le champ libre aux posterieurs pour s'engager, et entraine la remontée du garrot et dos (La colonne vertébrale du cheval êtant très peu souple à partir du garrot, si on remonte l'avant, l'arrière va monter aussi, à condition bien sur que les posterieurs engagent suffisament, et que l'impulsion soit présente pour porter le tout).
Difficile quand même de réellement remonter cette base de l'encolure avec desmains bloquées basses de chaque côté du garrot !

L'avantage de la main qui monte est qu'elle va venir agir non pas sur la langue, mais sur la commissure des lèvres, supprimant une bonne part de douleur, et donc de crispation (ce qui entraine un gain de Légèreté dans l'histoire) dans la bouche du cheval.
De plus, celle-ci montre le chemin de la remontée du garrot, en agissant ainsi vers le haut, elle remonte l'ensemble de l'avant-main. Elle remplit, dans cette position haute, enfin, son rôle de "Soutien". Elle permet de rééquilibrer en tout légèreté et dans de bonnes conditions, que ce soit devant une barre, dans une allure, pour une transition, ou n'importe quel travail correct du cheval.

Car le cheval, tant qu'il n'engage pas, tant qu'il ne propulse pas, et tant que sa nuque ne remonte pas au point le plus haut, ne travaillera pas correctement, dans un bon équilibrage, ni dans la légèreté.
Or n'est-ce pas la le but de tout cavalier : confiance, légèreté, équilibre ?

Il est une experience très simple pour vérifier le bien-fondé de ceci, qui, je l'espère, ne vous arrivera pas (pour votre propre sécurité) : le cheval qui embarque. Essayez de l'arrêter avec une main basse (qui va forcément, par réflexe, humain certes, mais stupide, TIRER. Pouvez toujours essayer, la bestiole elle est beaucoup plus forte que vous), ça va pas marcher, et vive les tours de carière au galop. Laissez les rênes devenir légèrement flottante, et remontez les mains d'un coup sec (pas violent, sec), effectuant des petites touches sèches, vers le haut, sur le troisième temps du galop, de façon à agir sur la commissure des lèvres; vous allez voir subitement la tête du cheval remonter, et peu à peu le galop se compacter.
Cette même logique de remontée existe dans des conditions de travail, et les touches sèche peuvent se transformer en contact moelleux, avec variation de la tension des rênes, pour remonter, pour rééquilibrer.

Toutes les remarques sont bienvenue et même demandées, je suis un peu fatigué il y aura surement des passages peu compréhensibles ^^
A votre bon coeur et votre intuition !

# Posté le jeudi 20 décembre 2007 05:16

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