A l'occasion d'un post sur le forum ChevalMag, on va parler de dressage élémentaire.
-l'impulsion : on retrouve généralement cette définition quelques peu incomplète : "désir naturel ou acquis du cheval de se porter en avant". Je ne suis pas d'accord, puisqu'à l'obstacle ou en haute école, c'est pas vers l'avant, mais vers le haut qu'on veut aller, au reculer en arrière, en appuyer vers le côté... c'est immensémment incomplet. Pour moi, l'impulsion c'est le "désir naturel ou acquis du cheval de se porter là où le cavalier lui indiquera d'aller", ça a beau être très très mal formulé, personnellement je trouve cette définition plus exacte. L'impulsion rentre entièrement dans le cadre du respect des aides et donc du cavalier.
-l'engagement : cheval qui se juge.méjuge, hm... ça implique postérieur qui avance sous la masse. Ca ce n'est pas de l'engagement, c'est de la propulsion. Et que fait-on des chevaux raides ou trop souples ? Nous avons ici un cheval hypra raid qui ne pourra jamais se juger, trop de problèmes à la colonne. Un autre au contraire, est une anguille sur patte, et pourra se méjuger sans pour autant engager une cacaouhète à la pistache.
La seule et unique constante que l'on retrouve c'est la descente des hanches et le report de la masse vers les postérieurs, les deux vont assez de paire, c'est uniquement ça l'engagement. Une fois les hanches descendues, on peut faire monter le dos en contractant les abdominaux, en relevant la base de l'encolure, etc...
Bien sur, en fonction de l'exercice, les hanches descendront plus ou moins (un piaffer demandera immensément plus d'engagement qu'un appuyer, par exemple)
-Le placé : alors, le placé du cheval, mettons-nous bien d'accord, un cheval en place c'est un cheval nuque au point le plus haut, chanfrein tutoyant la verticale, hanches abaissées (donc qui engage) comme nous l'illustre si bien P.Karl ici (c'est peut être sa femme à chval, j'avoue que j'ai pas pris la photo où on voit le mieux, mais ça revient au même, on voit bien l'attitude du cheval ^^)
Comme le dit si bien ce très grand écuyer, la mise en place de l'avant du cheval, c'est une histoire de mains, pas de jambes... Les jambes ça demande l'engagement, ok, mais un point c'est tout (j'exagère un peu, volontairement, je sais bien que les jambes jouent aussi un rôle dans l'équilibrage du cheval, notamment). Le relèvement de l'encolure, la cession de la machoire, la décontraction de l'avant-main qui est un préalable nécéssaire à la décontraction totale, c'est bien une histoire de mains, pas de jambes. Bien sur, à terme, la main devient discrète, imperceptible, mais elle est néanmoins présente !
Eclipse : tu dis "Par contre , il est vrai que les doigt peuvent servir. seulement, le moins possible est ce qu'il y a de meilleur."
Je suis d'accord, mais il ne faut pas oublier que celà est valable aussi pour les jambes et l'assiette. La progression dans la descente de mains se fait parallèlement à la progression dans la descente de jambes (descente de mains/jambes, ça ne veut pas dire forcément baisser les mains hein, mais descente dans l'intensité des actions), et pas de façon séparée; jamais de façon séparée, si on veut que ça aille bien et dans la décontraction.
Comme le dit mon prof', "on peut se passer de tout à cheval, sauf deux choses ; les mains et l'assiette". Et à ceux qui me diront qu'on peut placer un chval avec une cordelette autour du cou, je dis oui, mais la cordelette, elle est bien tenu par la main, qui agit donc, en donnant de simples indications, mais elle fait quelque chose quand même Le but, en bride ou en filet, est le même, à terme, n'avoir à donner que des indications de direction. Mais il est assez difficile de placer un chval les mains attachées dans le dos, vous en conviendrez.
Pour résumer, la progression logique pour mettre en place un chval : 1°/ impulsion, 2°/ engagement, 3°/ relèvement de la base de l'encolure, 1+2+3 donne après un peu d'adaptation du cheval et du travail de compréhension 4°/ nuque au point le plus haut, et 1+2+4 => cheval en place.
Bien sur, et c'est pour celà que je ne l'évoque pas, tout ça se fait dans la décontraction. Ca ne sert à RIEN de travailler un cheval contracté. La décontraction commence bien sur par le cession de machoire, mais c'est un préalable "nécéssaire non suffisant", à savoir qu'un cheval décontracté dans la bouche ne sera pas forcément décontracté partout. Par contre, c'est certain qu'un cheval contracté dans la bouche le sera sur tout l'axe dorsal.
-Légèreté à la main, franchissement du mors : j'aimerais revenir sur ce point. Il ne faut pas confondre absence de tension et absence de contact. Et il ne faut pas non plus confondre cheval derrière la main et cheval qui fuit le mors. Ce sont deux choses différentes.
On voit bien sur la photo que j'ai mise précédemment que les rênes du cavalier sont... détendues. Aucune tension. C'est bien ça la légèreté à la main, ne rien avoir entre les doigts. Monter sans poids dans les rênes, donc... sans tension constante de la rêne. Attention, ça ne veut pas dire sans contact, puisque le simple fait d'avoir une main posée sur une rêne attachée au mors créé un contact. Mais c'est une incompatibilité avec la légèreté que d'avoir un cheval sur le mors avec une tension constante, ne serait-ce que parce-qu'on a du coup toujours du poids dans les mains; sans compter le fait qu'une tension constante créé forcément une contraction dans la bouche (faites le test, tirez vous les commissures des lèvres en arrière, au bout de quelques secondes celà va être tellement incomfortable que vous allez contracter, presque par réflexe, pour le chval c'est pareille).
Pour celà, on apprend au cheval à se tenir derrière la main, sans venir chercher son mors, bien au contraire, mais à rester derrière. Ca ne veut pas dire qu'il fuit le mors, c'est même l'inverse : si jamais on a besoin de prendre un contact plus franc, le cheval doit l'accepter. Mais ce n'est certainement pas au cheval de venir prendre le contact, c'est au cavalier que cette initiative est réservée.
Et avec des rênes détendues, on peut obtenir tout, dans la légèreté la plus parfaite (CF les nombreuses photos de Philippe Karl, où l'on voit très nettement que les rênes sont détendues, et où le cheval reste en place, hanches abaissées, tout en effectuant des airs des haute école que de nombreux dresseurs prétenduemment professionnel seraient incapables de réaliser.)
Le principe de la barrière des mains, c'est que le cheval apprend à rester derrière la main : si celle-ci monte, le cheval monte SANS aller chercher le mors, mais bien parce-qu'il doit rester derrière. Comme le mors monte, il doit monter aussi. Si au contraire la main descend et avance, on donne de la liberté au cheval, qui peut aller vers le bas et l'avant : extension d'encolure. Au contraire, pivot de la main intérieure et raccourcissement de la rêne correspondante, incurvation ou flexion d'encolure. Main un peu haute, jeu dans les doigts => nuque au point le plus haut, cession de la nuque et de la machoire, jambes ou assiette pour demander l'engagement, on la mise en place.
Bien évidemment tout ce que je décris là c'est avec un cheval déjà bien éduqué, après une certaine quantité de travail et une musculature adaptée. Mais tout celà est facile à obtenir du moment que le cheval se tient, et c'est le plus important DE LUI MEME, sans être "porté" par le cavalier comme c'est le cas chez un cheval qui vient chercher le mors et qui le franchit (peu importe ce qu'on peut en dire, mécaniquement, dès qu'il y a tension constante, il y a appui du cheval, même si c'est léger, c'est forcé), derrière la main. Et je me répète, il n'est bien évidemment pas question de ne pas avoir de contact, mais pas de tension, et il n'est pas non plus question pour le cheval de fuir le mors, si le CAVALIER prend un contact plus franc, le cheval doit pouvoir l'accepter, mais uniquement à l'initiative du cavalier.


